Les voitures hybrides rechargeables (PHEV), souvent présentées comme une solution de transition écologique avec des consommations homologuées avoisinant 1 l/100 km, révèlent une tout autre réalité en usage quotidien. Une étude européenne majeure, analysant les données de plus de 1,4 million de véhicules, met en lumière un écart considérable entre les chiffres officiels et la consommation réelle, ainsi qu'un taux d'utilisation du moteur électrique souvent décevant.
Les Chiffres Clés de l'Étude
- La consommation réelle moyenne des PHEV dépasse les 6 l/100 km, soit 300 à 500 % de plus que les valeurs homologuées.
- Seulement 31 % des kilomètres parcourus le sont en mode 100 % électrique (moteur thermique éteint).
- Les écarts de consommation et d'usage électrique varient considérablement selon les constructeurs et les modèles.
Une Consommation Réelle Bien Éloignée des Promesses
Grâce au dispositif OBFCM (On-Board Fuel Consumption Monitoring) intégré dans tous les véhicules neufs depuis 2021, une analyse approfondie a été menée sur plus de 1,4 million d'hybrides rechargeables immatriculés entre 2021 et 2023. Les résultats sont sans appel : alors que les consommations homologuées WLTP oscillent entre 1,0 et 1,25 l/100 km, la consommation réelle observée s'établit en moyenne entre 6,0 et 6,2 l/100 km. Cet écart, qui peut atteindre 500 %, s'explique en grande partie par la manière dont ces véhicules sont utilisés dans la vie de tous les jours.
L'Usage Électrique : Une Utilisation Souvent Limitée
L'étude révèle que moins d'un tiers des kilomètres parcourus par les PHEV le sont en mode purement électrique (moteur thermique coupé). La moyenne globale se situe à 31 % de kilomètres en mode électrique, mais ce chiffre masque de fortes disparités. Les constructeurs généralistes proposant des modèles plus compacts, comme Toyota avec sa Prius rechargeable (42,8 % d'usage électrique), affichent de meilleurs résultats. À l'inverse, les marques positionnées sur le segment du luxe ou de la performance, telles que Porsche, Ferrari ou Bentley, montrent des taux d'utilisation électrique anecdotiques, souvent inférieurs à 10 %, voire proches de 0 % pour certains modèles Porsche.
Pourquoi un Tel Écart ?
Plusieurs facteurs expliquent cette divergence. Le cycle d'homologation WLTP teste le véhicule batterie pleine puis batterie vide, combinant les résultats selon un "facteur d'utilité" qui favorise la phase électrique. Cependant, si les conducteurs ne rechargent pas régulièrement leur véhicule, le PHEV fonctionne essentiellement comme une voiture thermique alourdie par sa batterie. De plus, les données OBFCM, bien que précieuses, ne prennent pas en compte le contexte d'utilisation (accès à la recharge, type de trajets) ni les définitions réglementaires du mode électrique qui ne correspondent pas toujours à la perception de l'automobiliste. Enfin, l'étude, bien que révélatrice, photographie un marché en transition, avec des comportements et des technologies qui continuent d'évoluer.
