Le gouvernement français, sous la direction de François Bayrou, a récemment exprimé des préoccupations majeures concernant les normes CAFE (Corporate Average Fuel Economy) imposées par la Commission européenne. Dans une tribune publiée dans le journal Les Echos, trois ministres ont appelé à une révision de ces normes, soulignant les défis auxquels l'industrie automobile européenne est confrontée, notamment une demande insuffisante pour les véhicules électriques.

Points Clés

  • Le gouvernement français demande un assouplissement des normes CAFE.
  • Les ministres soulignent une baisse de la demande pour les véhicules électriques.
  • Des amendes potentielles de 15 milliards d'euros menacent les constructeurs européens.

Contexte Des Normes CAFE

Les normes CAFE, qui visent à réduire les émissions de CO2 des véhicules, sont devenues un sujet de débat intense. En vigueur depuis le 1er janvier 2025, ces normes exigent une réduction de 15 % des émissions moyennes des voitures neuves vendues en Europe. Cependant, les constructeurs automobiles européens, confrontés à une demande stagnante pour les véhicules électriques, estiment que ces objectifs sont irréalistes.

Appel À La Révision

Dans leur tribune, Marc Ferracci, ministre chargé de l'Industrie et de l'Énergie, Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, et Benjamin Haddad, ministre délégué en charge de l'Europe, ont exhorté Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, à "prendre ses responsabilités". Ils ont proposé de "lisser les objectifs sur plusieurs années" pour permettre aux constructeurs de s'adapter à la conjoncture actuelle.

Risques Pour L'Industrie Automobile

Les ministres ont averti que le maintien des normes CAFE dans leur forme actuelle pourrait entraîner des conséquences désastreuses pour l'industrie automobile européenne. Ils ont souligné que la réglementation actuelle pourrait transférer des milliards d'euros aux constructeurs chinois, qui ont acquis des parts de marché grâce à des pratiques commerciales déloyales.

Conséquences Financières

Les constructeurs européens pourraient faire face à des amendes pouvant atteindre 15 milliards d'euros en 2025 s'ils ne respectent pas les objectifs de réduction des émissions. Cette situation est d'autant plus préoccupante compte tenu de la faible demande pour les véhicules électriques, qui ne représentaient que 13,6 % des immatriculations en 2024, alors qu'ils devraient atteindre entre 22 % et 25 % cette année.

Options Pour Les Constructeurs

Face à cette pression, les industriels n'ont que peu d'options pour éviter les amendes. Parmi celles-ci :

  • Constituer des pools de constructeurs : Des alliances entre fabricants pour partager les crédits CO2.
  • Réduire la production de voitures thermiques : Ce qui pourrait entraîner des fermetures d'usines en Europe.

Jean-Philippe Imparato, directeur de Stellantis en Europe, a qualifié cette dernière option de "bombe atomique" pour l'emploi dans le secteur automobile.

Conclusion

Les ministres français ont rappelé que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a placé son second mandat sous le signe d'une politique industrielle pragmatique. Ils ont appelé à un dialogue stratégique pour éviter les amendes et permettre aux constructeurs de s'adapter aux exigences de la transition écologique tout en préservant l'emploi et la compétitivité de l'industrie automobile européenne.

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